Le journal du cabinet

RAAC : pourquoi se lever dès le lendemain de l'opération ?

Marcher et remanger vite après une opération digestive n'est pas une contrainte : c'est un protocole qui accélère la récupération.

Une autre façon de préparer et de vivre une opération

Pendant longtemps, après une chirurgie du ventre, la règle était simple : rester au lit, ne rien boire, attendre. On sait aujourd'hui que cette immobilité ralentit la récupération. C'est de ce constat qu'est née la RAAC , la Récupération Améliorée Après Chirurgie : un ensemble de mesures organisées avant, pendant et après l'intervention, pour que le corps reprenne ses habitudes le plus vite possible.

Avant l'opération : préparer le terrain

Tout commence en consultation. On vous explique le déroulement pas à pas, car un patient qui comprend son parcours est un patient moins anxieux et qui récupère mieux.

Le jeûne strict et prolongé n'a plus lieu d'être : une boisson sucrée est souvent autorisée quelques heures avant l'anesthésie. L'arrêt du tabac, même quelques semaines avant, et une activité physique douce améliorent nettement la cicatrisation.

Pendant : moins agresser le corps

La chirurgie mini-invasive — cœlioscopie ou assistance robotique, c'est-à-dire des opérations réalisées par de petites incisions — limite le traumatisme des tissus. On réduit aussi au maximum les tuyaux : sondes et drains ne sont posés que s'ils sont vraiment utiles. Moins de matériel, c'est moins d'inconfort et une mobilité retrouvée plus tôt.

Après : bouger, boire, manger

C'est la partie qui surprend le plus. Dès les premières heures, on vous encourage à vous asseoir, puis à marcher dans le couloir, accompagné.

Ce n'est pas de la brusquerie : la marche relance le transit (le fonctionnement de l'intestin), diminue le risque de phlébite et aide les poumons à bien se ventiler. De la même façon, boire puis manger léger rapidement stimule la reprise digestive.

La douleur, elle, est traitée de façon anticipée, en associant plusieurs moyens pour éviter de dépendre d'un seul médicament fort.

Ce que cela change concrètement

Une hospitalisation souvent plus courte, moins de fatigue au retour à la maison, un retour aux activités habituelles plus rapide. La RAAC ne s'applique pas de façon identique à tout le monde : le protocole est adapté à l'intervention, à l'âge et aux antécédents de chacun. Certaines étapes peuvent être décalées si la récupération le demande — cela ne signifie pas que quelque chose se passe mal.

Votre rôle est central : suivre les consignes de préparation, signaler ce que vous ressentez, et accepter de bouger même quand la fatigue est là.

À retenir

La RAAC est un protocole organisé avant, pendant et après l'opération.

Le jeûne prolongé n'est plus la règle avant une anesthésie.

Se lever et marcher tôt relance le transit et limite les complications.

Reboire et remanger rapidement fait partie du soin.

Le protocole est toujours adapté à chaque patient et à chaque intervention.